Charles Baudelaire, La mort des amants

Charles Pierre Baudelaire, né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867 dans la même ville.

La mort des amants est le premier poème de la dernière section du livre Les Fleurs du Mal, : la Mort. Il instaure une fois de plus la modernité profonde qui réside dans chaque ?uvre de Baudelaire.

En effet, l’approche de la mort dans ce poème est étonnante. Ce thème, évoqué de nombreuses fois dans la poésie classique, est souvent abordé comme quelque chose de lugubre et de menaçant, qui pousse chaque homme à vivre et à aimer autant qu’il le peut.

Or ici, le poète prend un point de vue complètement différent, où la mort, juste insinuée, est paradoxalement synonyme de renaissance éternelle. Ce poème nous fait découvrir l’espérance baudelairienne : en même temps qu’il met en place un monde onirique et vivant où se mêlent et se confondent sensations voluptueuses et mort imminente, le poète décrit une vision de la mort qui sublime l’amour.

Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,

Des divans profonds comme des tombeaux,

Et d’étranges fleurs sur des étagères,

?closes pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l’envie leurs chaleurs dernières,

Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,

Qui réfléchiront leurs doubles lumières

Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,

Nous échangerons un éclair unique,

Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;

Et plus tard un Ange, entrouvrant les portes,

Viendra ranimer, fidèle et joyeux,

Les miroirs ternis et les flammes mortes.

Les fleurs du mal (1857)

par Serge Réggiani.

Jacques Brel, Vivre debout

Le 9 octobre 1978, j’avais 17 ans et je passais la dernière année de mes courtes études au lycée de Mirepoix dans l’ariège. C’est un de mes frères qui est venu m’annoncer la nouvelle : -t’es au courant Claude, Jacques Brel est mort ! non, je n’étais pas au courant, depuis l’automne 77 où l’on avait entendu la voix de Brel, vieillie, rocailleuse, hurler : mourir cela n’est rien, mais vieillir, oh vieillir, il courait nombre de rumeurs sur l’état de santé de l’artiste.

Ce fût ma première mort, avant les autres, la première qui me laissait avec des larmes inutiles et le sentiment d’injustice que l’on ressent à ces moments là.

Tellement de « salauds » étaient bien vivants !

Des gens peuvent trouver puéril de considérer un artiste comme un membre de sa famille, un membre de son clan, j’écoutais Brel dés l’âge de 10 ou 11 ans et j’avais acheté tous ses disques avec mes petits sous d’enfants ; je rêvais de le rencontrer un jour…

Cet homme aura marqué ma vie au point de la changer ; si je souffrais beaucoup d’être, je ne savais pas bien comment le manifester. J’écrivais des tonnes de pages en écoutant : Ces gens là, L’ivrogne, Le Diable (ça va), Mon enfance, Les marquises, voir un ami pleurer, Orly, Au suivant, Quand on a que l’amour, etc.

C’est à l’heure de la mort de Brel que ma décision fût prise, je partirais. J’aurai le courage de tout laisser derrière moi et d’aller sur des chemins inconnus.

On à tout dit sur cet immense artiste Belge et l’on dira beaucoup encore. Pour moi, il était l’expression vivante du courage, de l’authenticité coûte que coûte, pas de concession, pas de faux semblants. Seulement la nécessité de vivre dans l’absolu, de vivre debout !

D’une certaine manière Jacques Brel fût celui qui m’a enseigné comment « bien vivre ».

Vous trouverez sur ce blog, des textes de chansons, des passages de ses films, des mots…

Comme par exemple : « pour moi un artiste, c’est quelqu’un qui à mal aux autres » ou bien : « La Belgique mérite mieux qu’une querelle linguistique »

Il nous manque sa voix, ses mains qui ne savent pas bien comment se placer, son courage, son coeur d’enfant, ses incertitudes, sa vraie humilité, son rire à dérider le désert… Cette vraie noblesse si rare.

 

Dalida, Il pleut sur Bruxelles.