En 1961 Benjamin Earl Nelson, dit Ben E. King fait découvrir au monde une chanson inspirée d’un morceau de gospel du début du siècle: Stand by me ( reste près de moi). Cette chanson va rapidement devenir un tube planétaire.
En voici le texte traduit:
Stand By Me (Reste Contre Moi)
Quand la nuit arrive
Et que le sol est sombre
Et que la lune est la seule lumière que nous voyons
Non, je n’aurai pas peur
Oh, je n’aurai pas peur
Tant que tu restes
Tu restes contre moi
[Refrain] Alors chérie, chérie Reste contre moi Oh, reste contre moi Oh, reste, reste contre moi, reste contre moi
Si le ciel que nous regardons d’en bas Pouvait dégringoler et tomber Ou si les montagnes pouvaient s’écrouler dans la mer Je ne pleurerai pas, je ne pleurerai pas Non, je ne verserai pas une larme Tant que tu restes Tu restes contre moi
[Refrain] (x2)
A chaque fois que tu es malheureuse Pourquoi ne resterai-tu pas contre moi, oh reste contre moi
En 1986 Bob Reiner, acteur, producteur, réalisateur de cinéma adapte au cinéma une nouvelle de Stephen King « The body » et l’intitule: Stand By Me en voici le Synopsis:
En été 1959, dans l’Oregon, quatre garçons d’une douzaine d’années (Gordie Lachance, Chris Chambers, Teddy Duchamp et Vern Tessio) partent à la recherche du corps d’un enfant de leur âge, Ray Brower, en suivant les rails d’un train dans l’espoir de passer dans les journaux grâce à leur découverte. Le chemin qu’ils auront à parcourir symbolisera leur passage de l’enfance à l’adolescence. Au fil du trajet, ils apprennent à mieux se connaître, s’entraident mutuellement, et partagent leurs souffrances qui sont celles d’enfants opprimés par leurs aînés, ignorés de leurs parents et dont les espoirs sont enfermés dans un environnement restreint.
On se reconnaît parfois dans l’histoire d’un livre ou d’un film tel fût le cas pour ce Stand By Me que je voulais partager avec vous en ce jour anniversaire.
…Songeons à une phrase aussi simple que « le temps passe », que nous répétons à l’envie tant elle nous semble frappée au coin du bon sens. Que signifie-t-elle au juste ? Personne ne conteste que le temps est ce qui fait que toute chose passe, mais de là à dire que c’est le temps lui-même qui passe, n’est-ce pas commettre un abus de langage, opérer un glissement de sens ? La succession des trois moments du temps (le futur, le présent et le passé) n’implique nullement qu’on puisse dire que le temps se succède à lui-même. Eux passent, c’est certain, mais lui ? N’est-ce pas justement du fait de sa présence constante que les choses ne cessent de passer ? On devrait donc plutôt dire que c’est la réalité tout entière qui « passe », et non le temps lui-même, qui ne cesse jamais d’être là à faire justement passer la réalité. Ainsi discerne-t-on, à l’intérieur de l’écoulement temporel lui-même, la présence surprenante d’un principe actif qui demeure et ne change pas, par lequel le présent ne cesse de se succéder à lui-même (« Le temps lui-même en l’entier de son déploiement ne se meut pas et est immobile et en paix » , pour reprendre les mots de Heidegger). Ainsi donc, voulant dire que le temps est ontologiquement associé à la labilité et à la fuite, on se retrouve à devoir envisager son … immobilité !
Cette paradoxale immobilité qui agit au sein même du temps se perçoit d’ailleurs fort bien lorsqu’on examine le statut du présent. Nous pouvons affirmer que le présent passe, puisqu’il n’est jamais strictement le même. Mais nous pouvons également affirmer qu’il ne passe pas, puisque nous ne quittons un instant présent que pour en retrouver un autre. Le présent a donc ceci de singulier, de paradoxal même, qu’il est à la fois éternel et instantané, toujours là mais toujours en train de disparaître.
Il y a un autre problème à déclarer que « le temps passe ». Ce faisant, on affirme en effet, au moins implicitement, que le temps existe : il passe, donc il est. Avec son air de ne pas y toucher, cette expression si banale attribue donc au temps le statut d’un être indépendant des choses et des processus, lui offrant du même coup une promotion ontologique dont on peut se demander si elle est vraiment méritée. La question de la réalité et de l’autonomie du temps n’aurait-elle donc jamais fait débat ? Les mots, parfois, tranchent abusivement.
Et finalement Après quelques années Les hommes ont remplacé tes poupées Et les glaïeuls posés dans ta chambre Remplacent aujourd’hui les fleurs des champs
Et c’est le temps qui court, court Qui nous rend sérieux La vie nous a rendus plus orgueilleux
Parce que le temps qui court, court Change les plaisirs Et que le manque d’amour nous fait vieillir
A l’heure qu’il est
Mes voitures de plastique
Sont devenues vraies depuis longtemps
Et finalement les affaires et l’argent
Ont remplacé mes jouets d’avant
Et c’est le temps qui court, court
Qui nous rend sérieux
La vie nous a rendus plus orgueilleux
Parce que le temps qui court, court, oh court Change les plaisirs Et que le manque d’amour nous fait vieillir Parce que le temps qui court, court, oh court Change les plaisirs Et que le manque d’amour nous fait vieillir Et toujours le temps qui court, court Change les plaisirs Et que le manque d’amour nous fait vieillir