Archive pour le 19 juin 2008

un dialogue avec soi-même (8)

Jeudi 19 juin 2008

… Ainsi, dans ma conversation avec moi-même, j’ai découvert que le sentiment de solitude est créé par la pensée.

La pensée s’est maintenant rendue compte par elle-même qu’elle est limitée et qu’elle ne peut donc pas résoudre le problème de la solitude.

Puisqu’il en est ainsi, le sentiment de solitude existe-t-il?

La pensée a crée ce sentiment de solitude, de vide, parce qu’elle est limitée, fragmentaire, divisée; or, quand elle prend conscience de cela, le sentiment de solitude n’est pas et, partant, il y a libération de l’attachement.

Je n’ai rien fait; j’ai observé mon attachement, ce qu’il suppose, la rapacité, la peur, l’impression de solitude et tout cela; et, en le suivant à la trace, en l’observant, non pas en l’analysant, mais simplement en regardant et regardant, le fait que c’est la pensée qui a fait tout cela apparaît.

La pensée, étant fragmentaire, a créé cet attachement.

Lorsqu’elle s’en rend compte, l’attachement cesse.

Il n’y a pas d’effort du tout.

Car sitôt qu’il y a effort

le conflit réapparaît.

Dans l’amour il n’y a aucun attachement; s’il y a attachement, l’amour n’est pas.

Or le facteur principal a été suprimé par la négation de ce que l’amour n’est pas, par la négation de l’attachement.

Dans ma vie quotidienne cela veut dire qu’il n’y a aucun souvenir de quoique ce soit que ma femme, ma compagne ou ma voisine ait fait pour me blesser, aucun attachement à une image que la pensée a créée d’elle.

Comment elle m’a malmené, comment elle m’a réconforté, comment je lui dois un plaisir sexuel, toutes les différentes choses au sujet desquelles le mouvement de la pensée a créé des images;

l’attachement à ces images a disparu.

Il y a encore d’autres facteurs.

Dois-je les explorer tous, pas à pas, l’un aprés l’autre?

Ou est-ce que tout est terminé?

Dois-je investiguer

comme je l’ai fait pour l’attachement

vivre et explorer la crainte, le plaisir, le désir de réconfort?

Je vois que je n’ai pas besoin de reprendre, étape par étape, une enquête sur tous ces divers facteurs.

Je le perçois d’un seul coup d’oeil; j’ai saisi.

J.Krishnamurti (extrait d’une discussion qui eut lieu lors du Brockood Park Gathering, le 30 août 1977)

un dialogue avec soi-même (7)

Jeudi 19 juin 2008

… Donc, la pensée se rend-elle compte par elle-même qu’elle est limitée?

Il me faut le découvrir.

C’est un défi auquel je dois faire face.

A cause de ce défi, j’ai une gigantesque énergie.

Présentons la chose différement.

La conscience se rend-elle compte que son contenu est elle-même?

Ou serait-ce que j’ai entendu quelqu’un d’autre déclarer:

La conscience est son contenu; c’est son contenu qui la constitue.

à quoi j’aurai répondu oui, c’est bien ça?

Voyez-vous la différence entre les deux.

La deuxième façon de voir, issue de la pensée, est imposée par le moi.

Si j’impose quelque chose à la pensée, il y a conflit.

C’est comme quand un gouvernement dictatorial impose sa loi par voie d’ukase, à la différence qu’ici, ce gouvernement, c’est ce que j’ai créé.

Ainsi, je me demande:

est-ce que la pensée s’est rendue compte de ses propres limitations?

Ou est-ce qu’elle prétend être quelque-chose d’extraordinaire, de noble, de divin?

Ce qui serait absurde, étant donné qu’elle est issue de la mémoire.

Je vois qu’il faut que ce point soit établi avec une limpidité absolue;

qu’il faut qu’à l’évidence aucune influence extérieure n’ait imposée à la pensée la notion qu’elle est limitée.

Alors parce que rien n’à été imposé, il n’y a pas de conflit;

la pensée saisit, tout simplement, qu’elle est limitée;

elle sait que tout ce qu’elle fait

qu’il sagisse d’adorer dieu et ainsi de suite

est limité, mièvre, mesquin

même si elle a parsemé l’europe de merveilleuses cathédrales destinées au culte de dieu.

J.Krisnamurti (extrait d’une discussion qui eut lieu lors du Brockood Park Gathering, le 30 août 1977)