Archive pour avril 2008

Discours de la tortue

Mardi 29 avril 2008

Vers 2000 ans avant notre ère, les Shang, deuxième dynastie historique de Chine, originaire des plateaux d’Asie centrale, régnaient sur un peuple d’agriculteur dans la vallée du Fleuve Jaune.

Composés essentiellement de guerriers et de chasseurs, ils vénéraient, outre leurs ancêtres, des divinités naturelles telles que montagne, lac, brume, ravine, orage et tonnerre, feu et vent.

C’était une spiritualité chamanique basée sur la conviction que toute entité naturelle (humains, animaux, pluie, étoile) est animée par un esprit, « un Shen » et que toute action entreprise devait recevoir le consentement des invisibles.

Pour ce faire, comme dans la majorité des peuples primordiaux, on sacrifiait à tour de bras des animaux en les brûlant. Mais, pragmatiques, les sages s’interrogèrent: comment savoir si les esprits étaient contents ?

En observant les apparitions de striures sur les os, à la fin du rituel, les Shang vont émettre une hypothèse surprenante : et si le feu sacrificiel n’était pas seulement l’agent qui modifie la nature terrestre des offrandes en les envoyant au ciel, pour les transformer en aliments spirituels, comestibles pour les esprits, mais qu’en plus le rituel induisait un mouvement de rétroaction du monde de l’invisible à celui des humains par le biais de ces craquelures ?

La pratique leur a enseigné que, si tous les sacrifices ne sont pas également « rentable », en revanche, tous laissent des traces sur les os. Donc les esprits signifient de toute façon leurs réponses. Pourquoi ce sacrifice-ci est rentable, pourquoi celui-la ne l’est pas ?

Ils ont remarqué en outre que les craquelures changent selon les saisons, l’atmosphère.

Les Shang vont en déduire tout naturellement que ce qui régit la réponse n’est donc pas due à l’humeur des dieux ou à la qualité de l’offrande, mais au moment du sacrifice…

Et donc, guidés par cette intuition, ils vont muter lentement vers le choix du temps comme axe de référence et vers la qualité du moment comme unité de mesure.

En analysant les réponses a posteriori, ils vont comprendre que le sacrifice a été fait au moment adéquat ou à contretemps et en déduire que l’efficacité du sacrifice existe conséquemment antérieurement à sa réalisation.

Un nouveau cérémonial va donc se mettre en place : peu à peu, les craquelures vont cesser d’être vues comme les marques d’une volonté supérieures pour devenir simplement les indices visibles de la qualité du moment. Ce tournant va modifier les rapports que les anciens Chinois entretenaient avec leurs dieux vers une conception « énergétique » et laïque de leur spiritualité.

Premier conséquence pragmatique à la chinoise : pourquoi faire un sacrifice si la divination préalable indique que ce n’est pas le bon moment ? Pourquoi aussi faire un sacrifice si la réponse est positive ?

En déplaçant le problème de l’opportunité du sacrifice – implorer comme il faut – vers l’opportunité de l’entreprise – agir au bon moment -, ils vont se soustraire à l’arbitraire religieux pour entrer dans un univers qui fonctionne de façon raisonnable, en un réseau de concordance énergétique.

Ils vont ensuite raffiner la pratique en bricolant la théorie.

Plutôt que d’approcher les os du brasier, on va amener le feu sur l’os en tirant du foyer un brandon.

Plus important, en s’autorisant à agir sur le mode de production des signes venus du ciel, les officiants prennent une part active au processus qui les fait apparaître. Ils se posent ainsi en coauteur des signes produits dont ils savent discipliner l’apparition.

Cette mutation va se cristalliser définitivement avec l’apparition de la divination sur carapace de tortue. Pour les Chinois, la tortue est à l’image de l’univers, un modèle réduit du cosmos, avec ces deux carapaces, celle du dessus ronde et unie comme le ciel, et celle du dessous plutôt carrée et divisée en secteurs comme la terre. Utiliser la tortue c’est interroger l’univers lui-même.

Comment s’y prend-on ?

La carapace dorsale symbolisant le ciel, on utilise la carapace ventrale dont on a soigneusement raclé les chairs jusqu’à ce qu’il ne reste plus que l’écaille elle-même. Puis on la polit pour éliminer toute trace d’humidité qui, à la chaleur, altérerait les signes divinatoires et leurs interprétations.

Avec la tortue, le principal souci des officiants est d’accroître la lisibilité du résultat en réduisant et en disciplinant les multiples fissures que provoque sur la pièce l’approche de la source de chaleur – un brandon incandescent.

Plus besoins de sacrifice, pour les officiants qui se servent des tortues, on approche le tison d’un certain nombre de point dans la carapace interne et un certain nombre de craquement apparaissent sur la face externe.

Pour la première fois dans l’humanité, le hasard a été apprivoisé.

Le résultat est que les fissurations, précédemment manifestations des puissances surnaturelles, sont maintenant propriété du pragmatisme chinois qui n’hésite pas à les configurer à sa guise dans un seul souci d’efficacité.

Les Chinois sont des archivistes impénitents. A la suite de l’auguration préalable, les pièces oraculaires ne sont pas détruites mais soigneusement conservées et entreposées et finissent par constituer une énorme banque de données.

D’autant que les officiants vont prendre l’habitude de graver à côté des fissures des signes résumant comment le tirage a été fait, les conclusions qui en ont été tiré.

En examinant ces carapaces, la première chose qui retient l’attention est l’organisation globalement symétrique des différents éléments.

De part et d’autre de l’axe central se répondent deux colonnes de signes et de fissurations. Cette disposition n’est pas fortuite, la symétrie est préalable dans la direction dans laquelle on a orienté les fissures, la dissymétrie survient ensuite, résultat de la manière dont s’accomplit l’aléatoire du moment. Et de fait sur les tortues chaque brûlage est numéroté. Les fissures sont superposées. La démocratisation du processus auprès de toutes les familles chinoises de haut rang, va bientôt avoir un résultat écologique étonnant. La disparition des tortues d’eau douce en Chine septentrionale.

Fu Xi, l’inventeur génial des hexagramme ne fera en fait que recopier et interpréter en traits pleins et brisés les striures de tortue.

inspiré du « Discours de la tortue » par Cyrille J-D Javary

Le SOI selon Ramana Maharchi (6)

Lundi 21 avril 2008

Pour lire ce schéma, vous lirez en gras le nom donné par Ramana Maharchi.

1 La lampe Le soi

2 La porte Sommeil

3 Le seuil Mahat-tattva (part cosmique de l’intellect)

4 Le mur intérieur Ignorance ou le corps causal

5 Le miroir L’égo

6 Les fenêtres Les cinq organes des sens cognitifs

7 La chambre intérieure Le sommeil profond dans lequel, le corps causal se manifeste

8 La chambre moyenne Le rêve dans lequel, le corps subtil se manifeste

9 La cour extérieure Veille dans lequel le corps grossier se manifeste

Le Soi qui est la lampe (1) brille de son propre éclat dans la chambre intérieure, c’est-à-dire, le corps causal (7) qui est doté de l’ignorance comme mur intérieur (4) et du sommeil comme porte (2); quand par le principe vital,conditionné par le temps, le karma, etc, la porte du sommeil s’ouvre, se produit là une réflexion du Soi dans le miroir-ego (5) qui est placé à côté du seuil – Mahat-tattva; le miroir-ego éclaire ainsi la chambre moyenne, c’est-à-dire, l’état de rêve (8) et, par les fenêtres, qui sont les cinq organes des sens cognitifs (6), la cour extérieure, c’est-à-dire, l’état de veille. Quand, de nouveau, par le principe vital conditionné par le temps, le karma, etc, la porte du sommeil se ferme, l’ego cesse, ainsi que l’état de veille et l’état de rêve, et le Soi seul brille à jamais . L’exemple donné explique comment le Soi est toujours présent, et comment il y a la différence entre le Soi et l’ego et comment les trois états d’expérience, les trois corps, etc, apparaissent.

Le SOI selon Ramana Maharchi (5)

Dimanche 20 avril 2008

Le Mental n’est qu’un agrégat de pensées.

Les pensées ne peuvent exister que pour l’ego.

Toutes les pensées sont donc imprégnées de l’ego….

Vous avez perdu contact avec-vous-même et vous demandez aux autres de vous guider… …. Pour qui est cette relativité ? Pour qui est cette imperfection ?

L’Absolu n’est pas imparfait et ne peut rien demander.

L’inanimé ne peut pas, non plus, poser la question.

Entre les deux s’est donc élevé quelque chose qui pose ces questions et qui éprouve ces doutes, qui est-ce ?

…LE Soi est pur et absolu, seul et unique.

Il n’y a pas deux Soi dont l’un peut connaître l’autre.

Qu’est-ce que la dualité alors ?

…Elle doit être le non-Soi.

La dualité est la caractéristique de l’ego.

Quand les pensées s’élèvent, il y a dualité. Sachez qu’elle est l’ego et recherchez sa source.

Le degré d’absence de pensées est la mesure de votre progrès vers Le Soi….

…LE Soi reste toujours en état de réalisation.

Les obstacles sont les pensées.

Les ouvertures temporelles

Mercredi 16 avril 2008

J-P. Garnier Malet, physicien (doctorat en mécanique des fluides), auteur de la Théorie du Dédoublement. et Lyse Garnier Malet, sa femme, sont à la base de cette application. Ils ont publiés un livre en 2005: changer votre futur. Une suite publiée en 2007: Le double comment ça marche?

Je vous propose d’écouter ce physicien expliquer sa découverte:

Dédoublement comment ça marche?

Cette conférence à été enregistrée en juin 2007.

Le SOI selon Ramana Maharchi (4)

Mardi 15 avril 2008

La félicité n’est pas quelque chose à atteindre. Vous êtes toujours Félicité.

Le désir de félicité provient de votre sentiment d’être incomplet.

Qui éprouve ce sentiment ?

……. La Réalisation n’est pas quelque chose à acquérir. Elle est déjà là. Tout ce qui est nécessaire consiste à se débarrasser de la pensée je n’ai pas réalisé.

….Les pensées sont dues à l’identification du Soi avec le Non-Soi. Quand le non-Soi disparaît, seul demeure Le Soi.

Pour faire de la place quelque part, il suffit d’enlever ce qui encombre. La place ainsi dégagée n’a pas été ajoutée.

Mieux encore, la place existait déjà même quand le lieu était encombré.